Les micro-plastiques, le nouveau fléau des océans

Les anchois sont plus connus comme garniture de pizza que pour leur place cruciale dans la chaîne alimentaire marine. Pourtant, les scientifiques ont confirmé un nouveau comportement inquiétant chez ces minuscules poissons fourragers qui pourrait avoir de plus grandes implications pour la santé humaine: les anchois mangent de minuscules morceaux de plastique dans l’océan. Et parce qu'à leur tour, ils sont mangés par de plus gros poissons, les toxines dans ces micro-plastiques peuvent être transférées aux poissons consommés par l'homme.

 

Des milliers de tonnes de micro-plastiques dans l’océan

Les microplastiques sont créés lorsque de plus gros débris plastiques se décomposent sous l'action du soleil et des vagues en morceaux de la taille d'un grain de riz mesurant cinq millimètres ou moins. Ils ont transformé les océans du monde en ce que les scientifiques appellent une "soupe plastique". Sans le savoir, c’est donc près d’une soupe plastique que vous profitez de la plage dans votre magnifique maillot de bain éco-responsable. Une étude de 2015 qui a tenté de mesurer la quantité de microplastique dans les océans du monde a estimé que le nombre de particules en 2014 variait de 15 à 51 billions de pièces, pesant entre 93 000 et 236 000 tonnes.

Mais d'autres questions demeurent, notamment : combien de temps faut-il au plastique pour se dégrader dans l'océan et qu'arrive-t-il à ses toxines lorsque cette dégradation se produit ? En tout, quelque 700 espèces mangent du plastique, mais l’impact est toujours à l'étude.

Lorsque Matthew Savoca, chercheur postdoctoral au National Oceanic and Atmospheric Administration Southwest Fisheries Science Center de Monterey, en Californie, a commencé son étude sur l'anchois, 50 espèces de poissons avaient été documentées comme mangeant des microplastiques. Lorsque ses recherches ont pris fin deux ans plus tard, le nombre avait doublé pour atteindre 100 espèces de poissons.

"L'intérêt scientifique pour ce problème a complètement explosé au cours des cinq dernières années", explique Savoca. "Aux yeux du public, il y a cette idée que tout le plastique jeté est en gros morceaux que nous pouvons identifier : brosses à dents, briquets, sacs en plastique… Mais la grande majorité des plastiques océaniques sont ces petits fragments. Plus de 90 % mesurent moins de 10 millimètres de long. C'est vraiment de petites choses."

 

Du plastique qui sent comme de la nourriture

Lorsque de plus gros morceaux de débris plastiques dans l'océan sont décomposés, ils collectent également des algues et dégagent une odeur similaire à la nourriture que consomment les animaux marins. La recherche sur l'anchois de Savoca est similaire à une étude qu'il a publiée en 2016 qui montraient que les oiseaux marins confondent également le plastique avec la nourriture en raison de son odeur.

Dans l'étude des oiseaux, Savoca a examiné les données historiques, mais il n'a pas testé les oiseaux vivants réels. Pour son étude sur l'anchois, il a effectué des tests sur les poissons eux-mêmes, en se focalisant sur leur comportement.

Les anchois n’ont pas été nourris de microplastiques au cours de l’expérience. Savoca a plutôt proposé à des bancs d'anchois pêchés dans la nature (dans la baie de Monterey, en Californie) deux solutions : d’une part des débris de plastique ramassés dans l’eau et de l'autre du plastique propre. Les anchois se sont rués sur les débris plastique comme s’il s’agissait de nourriture. Ils n'ont pas été intéressés par le plastique propre.

Les anchois sont l'une des quelque 700 espèces d'animaux et de poissons qui ingèrent du plastique océanique, conclut l'étude. Savoca a choisi les anchois pour son étude en raison de leur rôle dans la chaîne alimentaire. "Ils constituent un lien important dans les systèmes marins côtiers", dit-il. "Ils mangent de petites crevettes. Mais ils sont aussi la nourriture des baleines à bosse, des otaries, des phoques, des oiseaux de mer et même des humains."

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